Les croisiéristes apparaissent comme des silhouettes en errance, passagers d’un voyage qui semble n’avoir ni origine ni destination. Dans ces instants suspendus, ils ne sont plus voyageurs mais figures intemporelles, comme détachées de leur propre réalité. Le navire devient alors un théâtre flottant où s’éprouve une autre temporalité : une dérive hors du temps. Ils convoquent une mémoire picturale, rappelant la gravité des visages de la peintre de la Renaissance ou des fresques anciennes, transposées dans l’espace clos et artificiel de la croisière. À travers eux, j’explore cette énigme : comment l’instant le plus banal, un couloir traversé, un geste d’ennui , peut-il contenir une force d’éternité ?